Inclusion

École et familles populaires : dépasser l’illusion de la coéducation évidente

École et familles populaires : dépasser l’illusion de la coéducation évidente

Dans un éditorial publié le 1er janvier 2026 sur le carnet du CICUR, Patrick Rayou interroge une idée largement partagée dans les politiques éducatives contemporaines : celle d’une coéducation allant de soi entre l’école et les familles, y compris populaires.

À rebours des discours déficitaristes, l’auteur rappelle que les familles populaires sont fortement mobilisées autour de la scolarité de leurs enfants, mais souvent prises dans des malentendus socio-scolaires profonds : attentes implicites de l’école, valeurs épistémologiques et éthiques non partagées, conflits de loyauté entre normes familiales et scolaires. La crise sanitaire a rendu ces tensions particulièrement visibles, en plaçant les parents au cœur de la « continuité éducative » sans toujours leur en donner les moyens symboliques et pédagogiques.

L’édito met en évidence un point central : les difficultés de la relation école-famille relèvent avant tout d’une méconnaissance réciproque des savoirs, des postures et des valeurs qui structurent le curriculum réel. Dès lors, renforcer la coéducation suppose moins de «  montrer les normes scolaires » que de créer des espaces où celles-ci peuvent être explicitées, discutées et mises en débat.

Ces analyses font directement écho aux enseignements récents du Parcours éducatif de santé, qui souligne l’importance de construire des continuités éducatives fondées sur la mise en cohérence des expériences vécues par les enfants et les jeunes. Le PES insiste sur la nécessité d’articuler les savoirs scolaires, les pratiques éducatives familiales et les ressources territoriales, non dans une logique de juxtaposition, mais de mutualisation, d’enrichissement réciproque et de valorisation des savoirs d’expérience.

À l’instar des dispositifs analysés dans le cadre du PES, l’édito plaide ainsi pour une approche curriculaire élargie, capable de dépasser l’opposition entre école et familles, et de construire une culture commune à partir de la diversité des contextes, des pratiques et des savoirs. En filigrane, une question demeure : oserons-nous une école commune, capable de se transformer pour faire de la pluralité sociale et culturelle un levier de démocratisation et de réduction des inégalités ?

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Publié par Didier dans Actualités