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Lutte contre les violences de genre en milieu scolaire : webinaire international et lancement d’une nouvelle formation par l’UNESCO, l’UNICEF et l’UNGEI

Lutte contre les violences de genre en milieu scolaire : webinaire international et lancement d’une nouvelle formation par l’UNESCO, l’UNICEF et l’UNGEI

Les violences fondées sur le genre en milieu scolaire (School-Related Gender-Based Violence – SRGBV) affectent chaque année des millions d’élèves à travers le monde. Elles compromettent non seulement la sécurité et le bien-être des enfants et des adolescents, mais entravent également leur accès à une éducation inclusive et équitable.

Dans ce contexte, l’UNESCO, le United Nations Girls’ Education Initiative (UNGEI) et l’UNICEF organisent le 18 mars 2026 un webinaire international consacré à la prévention et à la réponse aux violences de genre à l’école. Cet événement marquera également le lancement mondial d’un nouveau module de formation en ligne sur les SRGBV, accessible via la plateforme d’apprentissage AGORA de l’UNICEF.

Le webinaire réunira des représentants gouvernementaux d’Afrique du Sud, de Jamaïque et du Laos, ainsi que des jeunes leaders, des enseignants et des organisations de la société civile engagées dans la prévention des violences dans et autour des établissements scolaires. Les échanges mettront en lumière des solutions concrètes pour renforcer les politiques éducatives, les pratiques pédagogiques et les mécanismes de protection des élèves.

Le nouveau cours en ligne propose un ensemble de ressources fondées sur les données probantes, comprenant outils pratiques, retours d’expérience et contributions d’adolescents, d’activistes féministes, d’acteurs institutionnels et de responsables publics. L’objectif est de soutenir les systèmes éducatifs dans le développement de stratégies efficaces de prévention et de prise en charge des violences de genre.

Ce webinaire constitue une opportunité de partager des expériences internationales et d’identifier des leviers d’action pour des environnements scolaires plus sûrs, inclusifs et respectueux de l’égalité entre les genres.

Informations pratiques

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Mettre l’engagement communautaire au cœur de l’action : un guide de l’OMS et l’édition 2026 de l’atelier mondial de santé communautaire

Mettre l’engagement communautaire au cœur de l’action : un guide de l’OMS et l’édition 2026 de l’atelier mondial de santé communautaire

L’OMS publie un guide mondial de référence pour la formation des professionnels de santé communautaire. Ce curriculum fondé sur les compétences fournit un cadre complet pour concevoir ou adapter les formations, en intégrant des modules communs (visites à domicile, mobilisation communautaire, collecte de données, éthique) et des modules spécifiques (santé maternelle et infantile, maladies chroniques, santé mentale, WASH, urgences), afin de renforcer la qualité des soins de premier recours et la couverture sanitaire universelle.

Ce guide, pensé pour les ministères, institutions de formation et équipes de terrain, aide à clarifier les rôles des professionnels de santé communautaire, à articuler savoirs scientifiques, savoirs professionnels et savoirs d’expérience des communautés, et à agir sur les déterminants sociaux et commerciaux de la santé dans une perspective de promotion de la santé et de réduction des inégalités.

Du 9 au 11 juin, la Chaire UNESCO « ÉducationS & Santé » organisera le sixième Atelier mondial de santé communautaire, en partenariat notamment avec l’EHESP, l’IUHPE, le RÉFIPS, EUPHA, l’Université Clermont Auvergne et l’Université de Huddersfield. Entièrement en ligne et multilingue en particulier en français, cet atelier offrira un espace de travail international pour partager des pratiques, renforcer les compétences en santé communautaire et outiller les équipes qui souhaitent s’approprier ce nouveau curriculum de l’OMS et le traduire dans leurs contextes.

Le guide est disponible en libre accès sur le site de l’OMS, et les informations détaillées sur l’Atelier mondial (programme, inscriptions) seront prochainement accessibles sur le site de la Chaire UNESCO « ÉducationS & Santé ».

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L’UNESCO publie le rapport « Lead with youth » sur la participation des jeunes aux décisions éducatives

L’UNESCO publie le rapport « Lead with youth » sur la participation des jeunes aux décisions éducatives

L’UNESCO a publié le rapport Lead with youth, consacré à la participation des jeunes et des organisations étudiantes aux décisions en matière d’éducation. Élaboré par le Rapport mondial de suivi sur l’éducation (GEM Report), en partenariat avec le Bureau des Nations Unies pour la jeunesse, ce rapport fait suite à la Déclaration de la jeunesse adoptée lors du Sommet Transforming Education de 2022.

Il propose la première évaluation mondiale de la manière dont les gouvernements associent les jeunes et les organisations étudiantes à l’élaboration des législations et des politiques éducatives. Fondé sur des enquêtes menées auprès des gouvernements et de près de 500 organisations de jeunes et d’étudiants à travers le monde, le rapport met en évidence un constat préoccupant : si les jeunes sont de plus en plus consultés, leur participation reste souvent symbolique et exerce une influence limitée sur les décisions finales.

Les résultats montrent qu’un pays sur trois seulement dispose aujourd’hui de lois ou de politiques formalisant la participation des jeunes aux décisions éducatives. Si quatre pays sur cinq ont mis en place des mécanismes de consultation, les enquêtes auprès des organisations de jeunes révèlent un décalage important entre consultation et influence réelle. Environ 60 % des organisations interrogées déclarent être consultées lors de la conception des politiques, mais seules 20 % estiment collaborer avec les pouvoirs publics en tant que partenaires à part entière. Les groupes d’élèves scolarisés expriment les niveaux de satisfaction les plus faibles.

Le rapport souligne toutefois que, lorsque des cadres clairs existent et que les organisations de jeunes disposent des capacités nécessaires, la participation peut se traduire par des résultats concrets. Des exemples sont identifiés dans des domaines variés, tels que la santé mentale, l’éducation des populations autochtones, les politiques d’usage du téléphone à l’école ou encore les programmes de bourses.

Dans un contexte marqué par la préparation de l’agenda éducatif mondial post-2030, l’UNESCO rappelle que la participation significative des jeunes constitue à la fois un droit fondamental et un levier essentiel pour améliorer la qualité, la pertinence et la légitimité des politiques éducatives. Le rapport appelle notamment à la mise en place de mécanismes formels de participation, à l’association des jeunes à toutes les étapes des politiques – de leur conception à leur mise en œuvre – et au renforcement des compétences civiques et organisationnelles des jeunes.

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Repenser la communication en santé publique face à l’infodémie

Repenser la communication en santé publique face à l’infodémie

Dans un éditorial récent publié dans le European Journal of Public Health(1), Paula del Rey Puech, Natasha Azzopardi Muscat, Charlotte Marchandise et Martin McKee appellent à une mobilisation renouvelée de la santé publique pour faire face à l’« infodémie », c’est-à-dire la diffusion massive d’informations fausses ou trompeuses qui fragilisent la confiance et les comportements de santé.

S’appuyant sur les enseignements de la pandémie de COVID-19, les auteurs rappellent que l’action en santé publique repose fondamentalement sur une communication efficace, fondée sur le dialogue, la compréhension des besoins des populations et l’usage des données probantes. Or, malgré des succès majeurs (vaccination, lutte contre le tabagisme, sécurité routière), la santé publique peine aujourd’hui à rivaliser avec la puissance de diffusion et de persuasion d’acteurs commerciaux ou politiques, notamment sur les réseaux sociaux.

L’éditorial souligne les effets délétères de la désinformation et de la mésinformation : hésitation vaccinale, atteintes à la santé mentale, renforcement des inégalités sociales de santé, et érosion de la confiance envers les institutions scientifiques. L’essor des algorithmes de recommandation et de l’intelligence artificielle générative accentue encore ces dynamiques, en facilitant la production et la circulation de contenus trompeurs à grande échelle.

Face à ce constat, les auteurs appellent à un changement de paradigme. Ils plaident pour des stratégies proactives de lutte contre l’infodémie (pré-bunking, debunking), le développement de systèmes de veille, l’identification de messagers de confiance au plus près des communautés, et la construction d’alliances larges associant professionnels de santé, chercheurs, éducateurs, journalistes, acteurs de la société civile et jeunes générations.

Rebâtir la confiance apparaît ainsi comme une condition centrale pour préserver le contrat social qui fonde la santé publique et soutenir des politiques de prévention et de promotion de la santé efficaces, équitables et durables.

Lire l’article


(1) Paula del Rey Puech, Natasha Azzopardi Muscat, Charlotte Marchandise, Martin McKee, Reclaiming trust: public health action to counter the infodemic, European Journal of Public Health, 2026;, ckaf249, https://doi.org/10.1093/eurpub/ckaf249

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Usage des écrans et santé mentale des adolescents : des effets plus complexes qu’il n’y paraît

Usage des écrans et santé mentale des adolescents : des effets plus complexes qu’il n’y paraît

L’usage des réseaux sociaux et des jeux vidéo par les adolescents est fréquemment présenté comme un facteur déterminant de la dégradation de leur santé mentale. Une étude longitudinale[1] récente, menée auprès de plus de 25 000 jeunes en Angleterre dans le cadre du programme #BeeWell, invite pourtant à dépasser cette lecture simplificatrice.

En suivant les mêmes adolescents sur trois années, de 12 à 15 ans, et en distinguant rigoureusement les différences entre individus des évolutions au sein d’un même individu, les chercheurs ne mettent en évidence aucun effet causal significatif du temps passé sur les réseaux sociaux ou de la fréquence de jeu vidéo sur l’apparition ultérieure de symptômes internalisés (anxiété, tristesse, inquiétude), chez les filles comme chez les garçons.

Les résultats montrent en revanche des dynamiques plus fines. Chez les filles, une augmentation du temps consacré aux jeux vidéo est associée, l’année suivante, à une diminution du temps passé sur les réseaux sociaux, suggérant une concurrence entre usages. Chez les garçons, une augmentation des symptômes internalisés précède une baisse de la pratique du jeu vidéo, pouvant traduire une perte d’intérêt pour des activités auparavant investies.

Ces constats interrogent la pertinence des réponses publiques centrées sur la restriction du temps d’écran ou sur des interdictions générales. S’ils ne nient pas l’existence de risques spécifiques liés aux environnements numériques — tels que le cyberharcèlement, la perturbation du sommeil ou l’exposition à des contenus problématiques — les auteurs soulignent que les usages numériques ne constituent pas, en eux-mêmes, un levier explicatif central des difficultés de santé mentale à l’adolescence.

Dans une perspective de santé publique et d’éducation, ces travaux plaident pour un déplacement du regard : plutôt que de désigner les écrans comme cause unique, il apparaît essentiel de considérer les déterminants structurels et contextuels du mal-être adolescent, notamment les contextes de vie, les inégalités sociales, les parcours scolaires et relationnels, ainsi que les ressources disponibles pour soutenir le bien-être des jeunes. Ces résultats invitent ainsi à une compréhension plus globale et plus fine des enjeux de santé mentale et de bien-être à l’adolescence.

Lire les articles :

Pour aller plus loin


[1] Qiqi Cheng, Margarita Panayiotou, Turi Reiten Finserås, Amanda Iselin Olesen Andersen, Neil Humphrey, How do social media use, gaming frequency, and internalizing symptoms predict each other over time in early-to-middle adolescence?, Journal of Public Health, 2025;, fdaf150, https://doi.org/10.1093/pubmed/fdaf150

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Déclaration d’Helsinki – Investir pour une santé et un bien-être durables

Déclaration d’Helsinki – Investir pour une santé et un bien-être durables

Adoptée à l’issue de la 18ᵉ Conférence européenne de santé publique, la Déclaration d’Helsinki sur l’investissement en santé et en bien-être, dont la Chaire UNESCO Éducations & Santé est signataire, appelle à un changement profond de regard sur la santé publique en Europe et au-delà. Elle affirme avec force que la santé et le bien-être doivent être considérés comme des investissements essentiels pour des sociétés durables, justes et résilientes, et non comme de simples coûts à maîtriser.

La déclaration s’inscrit dans un contexte marqué par la persistance des inégalités sociales de santé, les crises environnementales, la fragilisation des systèmes de santé et la montée de la désinformation. Elle propose un cadre commun pour repenser les politiques publiques de santé à partir d’une vision systémique, intégrant les dimensions sociales, environnementales, économiques et démocratiques.

Investir dans la santé comme levier de durabilité et de justice sociale

La déclaration invite à investir de manière ambitieuse et cohérente dans la santé publique, en agissant en amont sur les déterminants de la santé et en articulant les politiques sectorielles autour d’objectifs de bien-être collectif.

Elle met notamment en avant plusieurs orientations structurantes :

  • Ancrer la santé dans l’ensemble des politiques publiques, en généralisant l’approche Health in All Policies, afin que les décisions en matière d’éducation, d’aménagement, d’environnement, d’économie ou de protection sociale contribuent à la santé des populations.
  • Faire de l’équité un principe central de l’action publique, en réduisant les inégalités sociales, territoriales et environnementales de santé et en associant pleinement les populations concernées aux décisions qui les touchent.
  • Protéger la santé publique face à la désinformation, en renforçant la transparence, la communication fondée sur les données probantes, la littératie en santé et la confiance entre institutions, professionnels et citoyens.
  • Reconnaître l’interdépendance entre santé humaine, justice sociale et durabilité environnementale, en inscrivant les politiques de santé dans le respect des limites planétaires et des écosystèmes.
  • Dépasser une vision strictement économique du progrès en évaluant les politiques publiques à partir d’indicateurs de bien-être, de qualité de vie et de cohésion sociale, et non du seul produit intérieur brut.

À travers ces orientations, la Déclaration d’Helsinki promeut le cadre de l’économie du bien-être, qui vise à concilier santé, équité, soutenabilité environnementale et développement démocratique.

Une déclaration appelée à vivre dans les territoires et les communautés

La Déclaration d’Helsinki reste ouverte à l’adhésion des organisations européennes et a vocation à être déclinée dans les contextes nationaux et locaux.

L’Association Européenne de Santé Publique (EUPHA) a annoncé qu’elle s’appuiera sur cette déclaration tout au long de l’année 2026, notamment à l’occasion de la Semaine européenne de la santé publique (European Public Health Week, 4–9 mai 2026). Cette période sera l’occasion de traduire les principes de la déclaration en actions concrètes, au plus près des territoires et des communautés.

Déclaration conjointe – EPH Conference Helsinki 2025 (en anglais): https://ephconference.eu/2025-eph-conference-helsinki-statement-808

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Droits de l’enfant : faire des communes des garantes effectives de la Convention internationale

Droits de l’enfant : faire des communes des garantes effectives de la Convention internationale

Le 12 janvier 2026, un collectif d’élus, de professionnels de l’enfance, de responsables associatifs et de personnalités engagées a publié une tribune dans Le Monde appelant à une mesure structurante à l’issue des élections municipales de mars 2026 : la création, dans chaque exécutif municipal, d’une délégation explicitement dédiée aux droits de l’enfant.
Lien vers la Tribune : https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/01/12/droits-de-l-enfant-nous-proposons-qu-a-l-issue-des-elections-de-mars-chaque-executif-municipal-cree-une-delegation_6661480_3232.html

Cette proposition part d’un constat partagé : les enfants, près d’un habitant sur six en France, restent largement absents des lieux où se décident les politiques locales qui structurent pourtant leur quotidien (éducation, périscolaire, logement, alimentation, espaces publics, mobilités, accès à la nature et à la santé). Trop souvent, leurs droits sont dilués dans des délégations sectorielles, sans portage politique explicite ni lecture transversale à l’aune de la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE).

Une délégation pour relire les politiques locales à hauteur d’enfant

La tribune propose une mesure simple, lisible et transpartisane : confier à une délégation municipale dédiée la mission de garantir que l’ensemble des décisions locales soient relues à la lumière des droits de l’enfant. Cette délégation pourrait constituer un levier pour :

  • lutter contre les inégalités dès l’enfance ;
  • prévenir et traiter toutes les formes de violences ;
  • renforcer l’accès à la santé, à une alimentation de qualité et à des environnements favorables ;
  • penser les villes et villages à hauteur d’enfant (espaces publics, mobilités, nature, jeu) ;
  • et surtout donner une place réelle à la parole et à l’expérience des enfants et des jeunes.

Une initiative soutenue par la Chaire UNESCO ÉducationS & Santé

La Chaire UNESCO ÉducationS & Santé soutient pleinement cette initiative, portée notamment par la Fabrique des communs pédagogiques, qui s’inscrit dans une vision de l’action publique reconnaissant les enfants non comme de futurs citoyens, mais comme des sujets de droit à part entière, capables de contribuer aux décisions qui les concernent.

Ce positionnement fait écho à un principe fondamental « Nothing about them, without them ». Autrement dit, aucune politique publique concernant les enfants ne peut être pleinement légitime, efficace et durable sans leur participation réelle, organisée, accompagnée et prise au sérieux.

Une interpellation à l’approche des municipales

À l’approche des élections municipales de mars 2026, la tribune invite les futures équipes candidates à répondre à une question essentielle : qui, au sein de votre exécutif municipal, portera explicitement la responsabilité politique des droits des enfants ?

Créer une délégation aux droits de l’enfant, c’est faire le choix d’une gouvernance locale plus juste, plus protectrice et plus démocratique, en orientant les politiques, les investissements et les priorités à hauteur d’enfant, avec eux et non à leur place.

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École et familles populaires : dépasser l’illusion de la coéducation évidente

École et familles populaires : dépasser l’illusion de la coéducation évidente

Dans un éditorial publié le 1er janvier 2026 sur le carnet du CICUR, Patrick Rayou interroge une idée largement partagée dans les politiques éducatives contemporaines : celle d’une coéducation allant de soi entre l’école et les familles, y compris populaires.

À rebours des discours déficitaristes, l’auteur rappelle que les familles populaires sont fortement mobilisées autour de la scolarité de leurs enfants, mais souvent prises dans des malentendus socio-scolaires profonds : attentes implicites de l’école, valeurs épistémologiques et éthiques non partagées, conflits de loyauté entre normes familiales et scolaires. La crise sanitaire a rendu ces tensions particulièrement visibles, en plaçant les parents au cœur de la « continuité éducative » sans toujours leur en donner les moyens symboliques et pédagogiques.

L’édito met en évidence un point central : les difficultés de la relation école-famille relèvent avant tout d’une méconnaissance réciproque des savoirs, des postures et des valeurs qui structurent le curriculum réel. Dès lors, renforcer la coéducation suppose moins de «  montrer les normes scolaires » que de créer des espaces où celles-ci peuvent être explicitées, discutées et mises en débat.

Ces analyses font directement écho aux enseignements récents du Parcours éducatif de santé, qui souligne l’importance de construire des continuités éducatives fondées sur la mise en cohérence des expériences vécues par les enfants et les jeunes. Le PES insiste sur la nécessité d’articuler les savoirs scolaires, les pratiques éducatives familiales et les ressources territoriales, non dans une logique de juxtaposition, mais de mutualisation, d’enrichissement réciproque et de valorisation des savoirs d’expérience.

À l’instar des dispositifs analysés dans le cadre du PES, l’édito plaide ainsi pour une approche curriculaire élargie, capable de dépasser l’opposition entre école et familles, et de construire une culture commune à partir de la diversité des contextes, des pratiques et des savoirs. En filigrane, une question demeure : oserons-nous une école commune, capable de se transformer pour faire de la pluralité sociale et culturelle un levier de démocratisation et de réduction des inégalités ?

Lire l’éditorial

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Mayotte : apprendre dehors, un levier pour la reconstruction

Mayotte : apprendre dehors, un levier pour la reconstruction

Dans une tribune collective publiée le 13 décembre 2025 dans La Croix intitulée « A Mayotte, apprendre dehors, c’est ajouter à la reconstruction », plusieurs organisations, dont la Fabrique des communes pédagogiques, la Chaire UNESCO Éducations & Santé, appellent à reconnaître l’éducation en plein air comme un élément structurant de la reconstruction post-cyclone à Mayotte. Un an après le passage dévastateur du cyclone Chido, les signataires soulignent que l’école ne peut se réduire à la réhabilitation des infrastructures : il s’agit aussi de revitaliser les processus d’apprentissage et les liens sociaux dans un territoire marqué par des défis éducatifs et sociaux persistants. La pédagogie du dehors est ainsi présentée comme une manière de renouer avec les savoirs locaux, d’ancrer les apprentissages dans le quotidien des élèves et de contribuer à la résilience des communautés. Cette démarche s’inscrit dans une vision de développement durable et inclusif où l’éducation participe activement à la reconstruction et au bien-être des populations.

Tribune

Publiée le samedi 13 décembre dans le journal La Croix

Éduquer dehors à Mayotte n’a rien d’une lubie ni d’un décor. C’est l’exigence d’un service public d’éducation qui assure pleinement sa mission, un an après le cyclone Chido. Réussir à faire école quand les murs manquent ou que les écoles ne sont pas suffisantes, que certains enfants subissent des temps scolaires réduits, quand d’autres ne sont pas encore scolarisés et que les urgences sociales pressent.

Le « dehors » n’est pas un ailleurs ; il est ce que l’île offre à portée de main : un préau, l’ombre d’un arbre, une cour, une placette, un jardin mahorais, la plage, la campagne etc. Habitants, associations et communes peuvent, ensemble, repérer ces petits coins du quotidien partagé où l’on apprend le matin, où l’on joue l’après-midi, où l’on se retrouve le soir.

Pédagogie de proximité

La classe dehors s’enracine dans des pratiques traditionnelles : dérouler une natte, faire cercle, inviter un conteur. Elle accueille la pluralité des idiomes, s’appuie sur l’oralité, convoque la mémoire des lieux et les récits des aînés. Lire à voix haute y devient un rituel journalier qui rassemble, et où l’on redécouvre qu’une histoire partagée peut ouvrir des questions difficiles avec plus de douceur et d’écoute qu’entre quatre murs.

Le territoire devient ressource : apprendre et pratiquer les sciences hors les murs, étudier l’eau et comprendre les risques climatiques, nommer les arbres et les oiseaux, dessiner une figure géométrique à la craie sur le sol, mesurer une ombre, observer les coraux, aller à la rencontre des anciens. La classe dehors est une pédagogie de proximité qui relie éducation, santé et environnement, rendant les savoirs vivants et ancrés dans le quotidien des élèves. Ainsi elle permet d’acquérir les savoirs de base et s’intégrer les valeurs du vivre-ensemble

La littérature scientifique comme l’expérience de terrain le confirment : dehors, l’attention s’accroît, le climat scolaire et la coopération s’améliorent, les fondamentaux reprennent sens et adultes comme enfants retrouvent du pouvoir d’agir. Faire classe dehors se prépare, se sécurise, respecte le cadre de l’Éducation nationale et la priorité donnée au bien-être et aux fondamentaux et tisse des liens avec les actions menées sur les temps périscolaires et extra scolaires.

Effort de formation

Pour transformer une bonne idée en mouvement durable, la formation est décisive. À Mayotte, le renouvellement parfois rapide des équipes pédagogiques et la diversité des contextes imposent un effort de formation pour éviter que chacun réinvente seul, adapter les pratiques aux réalités de l’île et transmettre ce qui fonctionne.

Le plein air appelle à des aménagements légers, réalisables avec les habitants. Mettre de l’ombre où il n’y en a pas, tracer des repères au sol, construire des assises, sécuriser un chemin, proposer une malle de livres. Ces micro-aménagements peuvent être réalisés en chantiers participatifs avec parents, enfants, artisans, lycéens en filière professionnelle : on plante, on visse, on repeint, on nomme les lieux. La participation de toutes et tous renforce la fierté et donne aux enfants le sentiment juste que l’école s’ouvre à eux et avec eux.

Rapprocher l’école des lieux de vie

Dans un contexte où le déficit d’équipements publics est structurel à Mayotte, nous savons que tout ne tient pas dehors, et que rien ne remplace des écoles solides, accueillantes, dotées d’effectifs soutenables et d’une restauration de qualité. Justement : éduquer dehors aujourd’hui, c’est faire tenir l’école pendant que l’on bâtit l’école de demain. Nulle solution miracle ou renoncement ; apprendre dehors demande une discipline collective, l’écoute des familles et de faire confiance aux équipes et aux enfants

Apprendre dehors, c’est ajouter à la reconstruction, des pratiques qui relèvent autant d’une visée pédagogique, héritée des classes-promenade de Freinetde l’éducation populaire (apprendre en faisant, coopération, enquête), de l’éducation à la santé (identification des déterminants de la santé et des ressources pour être en santé) et de l’éducation à l’environnement (connaissance des milieux, sensibilité au vivant) que d’une réponse aux crises. Au-delà des principes, une obligation juridique et morale nous lie : la Convention internationale des droits de l’enfant. Elle rappelle le droit à l’éducation pour tous les enfants sans distinction ni discriminations, et à des conditions de vie propices au développement. Apprendre dehors c’est aussi, parfois, rapprocher l’école des enfants de leurs lieux de vie, c’est permettre à ceux qui n’entrent pas dans les murs de pouvoir raccrocher. À Mayotte, éduquer dehors, c’est faire place à l’enfance et tenir la promesse républicaine d’une école qui instruit, protège et émancipe.

Lien vers la tribune

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Webinaire – Sensibiliser les élèves à la citoyenneté numérique avec la mallette Vinz et Lou

Webinaire – Sensibiliser les élèves à la citoyenneté numérique avec la mallette Vinz et Lou

10 décembre 2025 – 12h15 à 13h00 (Paris – CET – GMT + 1)

Le 10 décembre 2025, de 12h15 à 13h, Tralalere et Internet Sans Crainte proposent un webinaire gratuit de 45 minutes pour découvrir la mallette Vinz et Lou, un outil conçu pour aider enseignants et référents numériques à sensibiliser les élèves à la culture et à la citoyenneté numériques.

Animé par Christelle Prince (Direction du Numérique pour l’Éducation – DNE/MEN) et Leslie Siboni (responsable du programme Vinz et Lou), ce temps d’échange permettra de mieux comprendre la Charte pour l’éducation à la culture et à la citoyenneté numériques et d’explorer des ressources pédagogiques clés en main.

Au programme :

  • Présentation du contenu et des usages de la mallette,
  • Temps de questions-réponses et analyse de cas pratiques,
  • Conseils pour expliquer la Charte aux enfants,
  • Méthodes pour engager les élèves autour des usages responsables d’Internet.

Ce webinaire est l’occasion d’échanger directement avec des expertes, de découvrir des outils immédiatement mobilisables en classe et d’enrichir vos projets éducatifs sur le numérique responsable.

Informations pratiques

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