Didier

Replay disponible – Développer le pouvoir d’agir des communautés : l’expérience de Saint-Louis (Sénégal)

Replay disponible – Développer le pouvoir d’agir des communautés : l’expérience de Saint-Louis (Sénégal)

Comment construire des actions de santé avec et par les communautés ? Quels leviers permettent de soutenir durablement le pouvoir d’agir des populations ? Et comment ces expériences locales peuvent-elles nourrir les pratiques et politiques de santé dans d’autres contextes ?

Ces questions étaient au cœur du webinaire organisé par la Chaire UNESCO et Centre collaborateur OMS « ÉducationS & Santé », consacré à l’expérience portée à Saint-Louis (Sénégal) par Abdou Khaly Mbodj et le consortium Dëkkandoo.

Accéder à la vidéo et ressources du webinaire

Une expérience ancrée dans les dynamiques communautaires

Centrée sur la nutrition, l’autonomisation des femmes et le développement local, l’initiative présentée s’appuie sur un large réseau d’acteurs communautaires et combine actions de terrain, activités génératrices de revenus, suivi nutritionnel et renforcement des capacités locales.

À travers cette expérience, les échanges ont mis en lumière une approche de la santé fondée sur la participation, la co-construction et la reconnaissance des communautés comme actrices des transformations qui les concernent.

Les interventions de Julie Sackou et Eric Breton ont permis de mettre en perspective les conditions de développement, de diffusion et de pérennisation de ces démarches, ainsi que les enjeux liés à leur reconnaissance dans les systèmes de santé.

Des échanges pour nourrir une communauté internationale de pratiques

Ce webinaire s’inscrivait dans une série spéciale préparatoire à l’Atelier mondial de santé communautaire, qui se tiendra en ligne les 9, 10 et 11 juin 2026 autour du thème :
« Relier santé communautaire, justice climatique et santé planétaire : des connaissances à l’impact ».

En savoir plus sur l’Atelier mondial de santé communautaire

Publié par Didier dans Actualités
6ème édition de l’Atelier Mondial de Santé Communautaire – inscrivez-vous dès maintenant !

6ème édition de l’Atelier Mondial de Santé Communautaire – inscrivez-vous dès maintenant !

Les 9, 10, et 11 juin 2026 se tiendra la 6ème édition de l’Atelier mondial de santé communautaire.

La santé de la planète Terre est inextricablement liée à la santé et au bien-être humain. Les changements climatiques affectent en premier lieu les communautés les plus vulnérables. Ils accentuent les inégalités et menacent à la fois la santé humaine et environnementale. Ces défis sont aussi des occasions pour agir collectivement au niveau local, innover et promouvoir la justice climatique.  

Le thème de l’édition 2026, Relier santé planétaire, justice climatique et santé communautaire : du savoir à l’action, explore les liens entre santé planétaire, santé communautaire et bien-être. Nous nous intéresserons à la mobilisation des communautés face aux enjeux climatiques, en accordant une attention particulière à l’engagement des jeunes en tant qu’acteurs de changement, à la prise en compte des perspectives autochtones ainsi qu’aux enjeux de justice climatique.

Des exemples concrets seront présentés afin d’illustrer comment intégrer ces idées dans des pratiques professionnelles concrètes, que l’on soit praticien, chercheur, décideur ou acteur engagé. En articulant savoir et action, nous avons pour objectif d’inspirer des stratégies collectives qui s’attaquent aux causes profondes des crises environnementales, tout en favorisant des communautés en meilleure santé et plus résilientes.

Qui peut participer ?

Professionnels, décideurs politiques, chercheurs, étudiants de différents horizons : tout acteur souhaitant élargir ses connaissances et ses compétences en matière de santé communautaire sera le bienvenu. En 2025, plus de 500 personnes de toutes les régions du monde ont participé à l’atelier.

Format de l’atelier

L’Atelier mondial se déroulera sur 3 jours consécutifs, à raison de 3 heures et demie par jour. Afin de permettre la participation depuis différents fuseaux horaires, l’atelier sera proposé deux fois par jour.

  • La session 1 se déroulera de 10h00 à 13h30 à Paris, de 16h00 à 19h30 à Pékin et de 18h00 à 21h30 à Melbourne.
  • La session 2 se déroulera de 16h00 à 19h30 à Paris, de 7h00 à 10h30 à Los Angeles et de 11h00 à 14h30 à Buenos Aires.

L’atelier est conçu selon un format interactif afin de garantir la participation active des participants, à travers une série de conférences en ligne, combinées à des discussions en groupes plus restreints, les « hubs de santé communautaire ».

Les hubs de santé communautaire

Les hubs de santé communautaire sont des groupes de discussion proposés en plusieurs langues, notamment en anglais, en français et en espagnol (d’autres langues pourront être proposées selon les demandes et la disponibilité des facilitateurs). Les hubs permettent aux participants de partager leurs expériences, de développer leurs réseaux régionaux et internationaux et de travailler sur leur contribution personnelle.

Nous encourageons les participants à se réunir localement et à organiser leurs propres groupes (hubs) de santé communautaire. Ils peuvent suivre ensemble les conférences plénières en ligne, puis poursuivre leurs échanges en présentiel au sein de leurs groupes locaux.

Contribution personnelle

Les participants peuvent soumettre un travail individuel portant sur les principaux enseignements tirés de l’atelier. Chaque travail sera examiné et publié sur le site de la Chaire, afin de constituer une ressource de référence pour la communauté. À l’issue de l’atelier, un certificat est délivré par la Chaire UNESCO aux participants qui auront été présents durant les 3 jours (conférences plénières et sessions de groupe), après validation de leur travail personnel.

Langues

Les conférences en ligne se déroulent en anglais, en français ou en espagnol. Une traduction dans plus de 50 langues (dont l’anglais, le français, l’espagnol, le persan, l’arabe et le chinois) sera assurée grâce à une application basée sur l’Intelligence Artificielle (IA).

Inscription gratuite

L’atelier interactif se déroulera en ligne et est gratuit. Les praticiens, étudiants, décideurs politiques et chercheurs du monde entier sont invités à y participer. L’inscription est gratuite mais obligatoire en complétant le formulaire en ligne. Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au jeudi 4 juin 2026, 16h00 CEST.

Organisateurs

Les organisateurs sont la Chaire UNESCO Éducations & Santé, l’Université Clermont Auvergne, l’Université de Huddersfield, l’Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique (EHESP), l’Union Internationale pour la Promotion de la Santé et l’Education à la Santé (IUHPE-UIPES), le Réseau Francophone International pour la Promotion de la Santé, l’Association Européenne de Santé Publique (EUPHA) et le Centre Julius pour les sciences de la santé et les soins primaires, UMC d’Utrecht.

Plus d’information

Pour plus d’information sur l’atelier, nous vous invitons à vous renseigner sur le site internet dédié.

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Forum mondial des centres collaborateurs de l’OMS, Lyon, 7-9 avril 2026

Forum mondial des centres collaborateurs de l’OMS, Lyon, 7-9 avril 2026

Du 7 au 9 avril 2026, Lyon accueille le premier Forum mondial des centres collaborateurs de l’OMS, sur le thème « collaborer pour un avenir en meilleure santé », en marge du sommet One Health et avec la participation de plusieurs centaines d’institutions issues de plus de 80 pays. Ce Forum vise à renforcer la contribution scientifique et technique de ces centres au Quatorzième programme général de travail de l’OMS et à l’agenda « Santé pour tous ».

Lors d’une session dédiée au rôle des centres collaborateurs, le directeur régional de l’OMS pour l’Europe, Hans Kluge, et Didier Jourdan, responsable du centre collaborateur FR‑135 et titulaire de la Chaire UNESCO Global Health & Education, sont intervenus conjointement. Hans Kluge a posé le cadre stratégique pour la Région européenne, insistant sur la nécessité de réseaux solides de centres collaborateurs pour soutenir les pays dans un contexte de crises multiples.

Didier Jourdan a illustré ce cadre à partir de l’expérience des centres collaborateurs OMS, en mettant en avant trois évolutions clés pour le réseau : passer d’actions dispersées à de véritables programmes de travail alignés sur l’EPW2 et le GPW 14, renforcer l’articulation avec l’Académie de l’OMS pour diffuser à grande échelle des formations fondées sur les données probantes, et utiliser l’éducation et la littératie en santé comme réponse structurelle à la crise de confiance envers la science et les institutions. Ensemble, ils ont défendu l’idée de centres collaborateurs conçus non seulement comme « centres d’excellence » , mais comme « centres de capacités » interconnectés, au service des systèmes éducatifs, des professionnels de santé et des communautés.

Lire la présentation du Professeur Didier Jourdan

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Renforcer les compétences en santé planétaire et justice climatique : deux universités d’été internationales à Utrecht

Renforcer les compétences en santé planétaire et justice climatique : deux universités d’été internationales à Utrecht

En juillet 2026, l’Université d’Utrecht organise deux écoles d’été complémentaires consacrées à la santé planétaire, réunissant chercheurs, professionnels, décideurs et étudiants autour des grands enjeux contemporains reliant santé, environnement et équité.

Dans un contexte de crises écologiques interdépendantes — changement climatique, perte de biodiversité, dégradation des milieux — ces formations proposent une lecture systémique de leurs impacts sur la santé humaine et non humaine. Elles mettent en lumière le rôle des inégalités sociales, de l’accès aux ressources et des rapports de pouvoir dans la production et l’aggravation de ces crises .

La première, « Foundations of Planetary Health » (13–17 juillet 2026), propose une introduction structurée aux concepts, cadres d’analyse et enjeux de justice qui traversent le champ de la santé planétaire. Elle vise à fournir des bases solides pour comprendre les déterminants écologiques, sociaux et économiques de la santé, les systèmes alimentaires, les dynamiques de gouvernance ainsi que les enjeux de justice climatique. Une attention particulière est portée aux approches interdisciplinaires et aux articulations entre connaissances scientifiques, savoirs situés et pratiques de terrain .

La formation combine apports théoriques, études de cas et ateliers pratiques, incluant notamment des réflexions sur la désinformation climatique, la santé mentale ou encore les réponses locales aux défis environnementaux. Une visite de terrain permettra également d’illustrer concrètement les enjeux de restauration écologique et d’adaptation des territoires.

La seconde, « Transforming Systems for Planetary Health » (20–24 juillet 2026), constitue un module avancé dédié à l’analyse des transformations systémiques nécessaires pour répondre à la crise planétaire. Elle aborde plus spécifiquement les questions de gouvernance, de rapports de pouvoir, ainsi que les modèles économiques et institutionnels qui structurent les relations entre santé et environnement .

Organisées par l’Université d’Utrecht, ces écoles d’été sont soutenues par la Chaire UNESCO Éducation & Santé et le UU Planetary Health Education Hub, et s’inscrivent dans une dynamique internationale de renforcement des capacités et de mise en dialogue des acteurs engagés dans la promotion de la santé et de la justice environnementale.

Informations pratiques

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Lutte contre les violences de genre en milieu scolaire : webinaire international et lancement d’une nouvelle formation par l’UNESCO, l’UNICEF et l’UNGEI

Lutte contre les violences de genre en milieu scolaire : webinaire international et lancement d’une nouvelle formation par l’UNESCO, l’UNICEF et l’UNGEI

Les violences fondées sur le genre en milieu scolaire (School-Related Gender-Based Violence – SRGBV) affectent chaque année des millions d’élèves à travers le monde. Elles compromettent non seulement la sécurité et le bien-être des enfants et des adolescents, mais entravent également leur accès à une éducation inclusive et équitable.

Dans ce contexte, l’UNESCO, le United Nations Girls’ Education Initiative (UNGEI) et l’UNICEF organisent le 18 mars 2026 un webinaire international consacré à la prévention et à la réponse aux violences de genre à l’école. Cet événement marquera également le lancement mondial d’un nouveau module de formation en ligne sur les SRGBV, accessible via la plateforme d’apprentissage AGORA de l’UNICEF.

Le webinaire réunira des représentants gouvernementaux d’Afrique du Sud, de Jamaïque et du Laos, ainsi que des jeunes leaders, des enseignants et des organisations de la société civile engagées dans la prévention des violences dans et autour des établissements scolaires. Les échanges mettront en lumière des solutions concrètes pour renforcer les politiques éducatives, les pratiques pédagogiques et les mécanismes de protection des élèves.

Le nouveau cours en ligne propose un ensemble de ressources fondées sur les données probantes, comprenant outils pratiques, retours d’expérience et contributions d’adolescents, d’activistes féministes, d’acteurs institutionnels et de responsables publics. L’objectif est de soutenir les systèmes éducatifs dans le développement de stratégies efficaces de prévention et de prise en charge des violences de genre.

Ce webinaire constitue une opportunité de partager des expériences internationales et d’identifier des leviers d’action pour des environnements scolaires plus sûrs, inclusifs et respectueux de l’égalité entre les genres.

Informations pratiques

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Mettre l’engagement communautaire au cœur de l’action : un guide de l’OMS et l’édition 2026 de l’atelier mondial de santé communautaire

Mettre l’engagement communautaire au cœur de l’action : un guide de l’OMS et l’édition 2026 de l’atelier mondial de santé communautaire

L’OMS publie un guide mondial de référence pour la formation des professionnels de santé communautaire. Ce curriculum fondé sur les compétences fournit un cadre complet pour concevoir ou adapter les formations, en intégrant des modules communs (visites à domicile, mobilisation communautaire, collecte de données, éthique) et des modules spécifiques (santé maternelle et infantile, maladies chroniques, santé mentale, WASH, urgences), afin de renforcer la qualité des soins de premier recours et la couverture sanitaire universelle.

Ce guide, pensé pour les ministères, institutions de formation et équipes de terrain, aide à clarifier les rôles des professionnels de santé communautaire, à articuler savoirs scientifiques, savoirs professionnels et savoirs d’expérience des communautés, et à agir sur les déterminants sociaux et commerciaux de la santé dans une perspective de promotion de la santé et de réduction des inégalités.

Du 9 au 11 juin, la Chaire UNESCO « ÉducationS & Santé » organisera le sixième Atelier mondial de santé communautaire, en partenariat notamment avec l’EHESP, l’IUHPE, le RÉFIPS, EUPHA, l’Université Clermont Auvergne et l’Université de Huddersfield. Entièrement en ligne et multilingue en particulier en français, cet atelier offrira un espace de travail international pour partager des pratiques, renforcer les compétences en santé communautaire et outiller les équipes qui souhaitent s’approprier ce nouveau curriculum de l’OMS et le traduire dans leurs contextes.

Le guide est disponible en libre accès sur le site de l’OMS, et les informations détaillées sur l’Atelier mondial (programme, inscriptions) seront prochainement accessibles sur le site de la Chaire UNESCO « ÉducationS & Santé ».

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L’UNESCO publie le rapport « Lead with youth » sur la participation des jeunes aux décisions éducatives

L’UNESCO publie le rapport « Lead with youth » sur la participation des jeunes aux décisions éducatives

L’UNESCO a publié le rapport Lead with youth, consacré à la participation des jeunes et des organisations étudiantes aux décisions en matière d’éducation. Élaboré par le Rapport mondial de suivi sur l’éducation (GEM Report), en partenariat avec le Bureau des Nations Unies pour la jeunesse, ce rapport fait suite à la Déclaration de la jeunesse adoptée lors du Sommet Transforming Education de 2022.

Il propose la première évaluation mondiale de la manière dont les gouvernements associent les jeunes et les organisations étudiantes à l’élaboration des législations et des politiques éducatives. Fondé sur des enquêtes menées auprès des gouvernements et de près de 500 organisations de jeunes et d’étudiants à travers le monde, le rapport met en évidence un constat préoccupant : si les jeunes sont de plus en plus consultés, leur participation reste souvent symbolique et exerce une influence limitée sur les décisions finales.

Les résultats montrent qu’un pays sur trois seulement dispose aujourd’hui de lois ou de politiques formalisant la participation des jeunes aux décisions éducatives. Si quatre pays sur cinq ont mis en place des mécanismes de consultation, les enquêtes auprès des organisations de jeunes révèlent un décalage important entre consultation et influence réelle. Environ 60 % des organisations interrogées déclarent être consultées lors de la conception des politiques, mais seules 20 % estiment collaborer avec les pouvoirs publics en tant que partenaires à part entière. Les groupes d’élèves scolarisés expriment les niveaux de satisfaction les plus faibles.

Le rapport souligne toutefois que, lorsque des cadres clairs existent et que les organisations de jeunes disposent des capacités nécessaires, la participation peut se traduire par des résultats concrets. Des exemples sont identifiés dans des domaines variés, tels que la santé mentale, l’éducation des populations autochtones, les politiques d’usage du téléphone à l’école ou encore les programmes de bourses.

Dans un contexte marqué par la préparation de l’agenda éducatif mondial post-2030, l’UNESCO rappelle que la participation significative des jeunes constitue à la fois un droit fondamental et un levier essentiel pour améliorer la qualité, la pertinence et la légitimité des politiques éducatives. Le rapport appelle notamment à la mise en place de mécanismes formels de participation, à l’association des jeunes à toutes les étapes des politiques – de leur conception à leur mise en œuvre – et au renforcement des compétences civiques et organisationnelles des jeunes.

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Repenser la communication en santé publique face à l’infodémie

Repenser la communication en santé publique face à l’infodémie

Dans un éditorial récent publié dans le European Journal of Public Health(1), Paula del Rey Puech, Natasha Azzopardi Muscat, Charlotte Marchandise et Martin McKee appellent à une mobilisation renouvelée de la santé publique pour faire face à l’« infodémie », c’est-à-dire la diffusion massive d’informations fausses ou trompeuses qui fragilisent la confiance et les comportements de santé.

S’appuyant sur les enseignements de la pandémie de COVID-19, les auteurs rappellent que l’action en santé publique repose fondamentalement sur une communication efficace, fondée sur le dialogue, la compréhension des besoins des populations et l’usage des données probantes. Or, malgré des succès majeurs (vaccination, lutte contre le tabagisme, sécurité routière), la santé publique peine aujourd’hui à rivaliser avec la puissance de diffusion et de persuasion d’acteurs commerciaux ou politiques, notamment sur les réseaux sociaux.

L’éditorial souligne les effets délétères de la désinformation et de la mésinformation : hésitation vaccinale, atteintes à la santé mentale, renforcement des inégalités sociales de santé, et érosion de la confiance envers les institutions scientifiques. L’essor des algorithmes de recommandation et de l’intelligence artificielle générative accentue encore ces dynamiques, en facilitant la production et la circulation de contenus trompeurs à grande échelle.

Face à ce constat, les auteurs appellent à un changement de paradigme. Ils plaident pour des stratégies proactives de lutte contre l’infodémie (pré-bunking, debunking), le développement de systèmes de veille, l’identification de messagers de confiance au plus près des communautés, et la construction d’alliances larges associant professionnels de santé, chercheurs, éducateurs, journalistes, acteurs de la société civile et jeunes générations.

Rebâtir la confiance apparaît ainsi comme une condition centrale pour préserver le contrat social qui fonde la santé publique et soutenir des politiques de prévention et de promotion de la santé efficaces, équitables et durables.

Lire l’article


(1) Paula del Rey Puech, Natasha Azzopardi Muscat, Charlotte Marchandise, Martin McKee, Reclaiming trust: public health action to counter the infodemic, European Journal of Public Health, 2026;, ckaf249, https://doi.org/10.1093/eurpub/ckaf249

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Usage des écrans et santé mentale des adolescents : des effets plus complexes qu’il n’y paraît

Usage des écrans et santé mentale des adolescents : des effets plus complexes qu’il n’y paraît

L’usage des réseaux sociaux et des jeux vidéo par les adolescents est fréquemment présenté comme un facteur déterminant de la dégradation de leur santé mentale. Une étude longitudinale[1] récente, menée auprès de plus de 25 000 jeunes en Angleterre dans le cadre du programme #BeeWell, invite pourtant à dépasser cette lecture simplificatrice.

En suivant les mêmes adolescents sur trois années, de 12 à 15 ans, et en distinguant rigoureusement les différences entre individus des évolutions au sein d’un même individu, les chercheurs ne mettent en évidence aucun effet causal significatif du temps passé sur les réseaux sociaux ou de la fréquence de jeu vidéo sur l’apparition ultérieure de symptômes internalisés (anxiété, tristesse, inquiétude), chez les filles comme chez les garçons.

Les résultats montrent en revanche des dynamiques plus fines. Chez les filles, une augmentation du temps consacré aux jeux vidéo est associée, l’année suivante, à une diminution du temps passé sur les réseaux sociaux, suggérant une concurrence entre usages. Chez les garçons, une augmentation des symptômes internalisés précède une baisse de la pratique du jeu vidéo, pouvant traduire une perte d’intérêt pour des activités auparavant investies.

Ces constats interrogent la pertinence des réponses publiques centrées sur la restriction du temps d’écran ou sur des interdictions générales. S’ils ne nient pas l’existence de risques spécifiques liés aux environnements numériques — tels que le cyberharcèlement, la perturbation du sommeil ou l’exposition à des contenus problématiques — les auteurs soulignent que les usages numériques ne constituent pas, en eux-mêmes, un levier explicatif central des difficultés de santé mentale à l’adolescence.

Dans une perspective de santé publique et d’éducation, ces travaux plaident pour un déplacement du regard : plutôt que de désigner les écrans comme cause unique, il apparaît essentiel de considérer les déterminants structurels et contextuels du mal-être adolescent, notamment les contextes de vie, les inégalités sociales, les parcours scolaires et relationnels, ainsi que les ressources disponibles pour soutenir le bien-être des jeunes. Ces résultats invitent ainsi à une compréhension plus globale et plus fine des enjeux de santé mentale et de bien-être à l’adolescence.

Lire les articles :

Pour aller plus loin


[1] Qiqi Cheng, Margarita Panayiotou, Turi Reiten Finserås, Amanda Iselin Olesen Andersen, Neil Humphrey, How do social media use, gaming frequency, and internalizing symptoms predict each other over time in early-to-middle adolescence?, Journal of Public Health, 2025;, fdaf150, https://doi.org/10.1093/pubmed/fdaf150

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Déclaration d’Helsinki – Investir pour une santé et un bien-être durables

Déclaration d’Helsinki – Investir pour une santé et un bien-être durables

Adoptée à l’issue de la 18ᵉ Conférence européenne de santé publique, la Déclaration d’Helsinki sur l’investissement en santé et en bien-être, dont la Chaire UNESCO Éducations & Santé est signataire, appelle à un changement profond de regard sur la santé publique en Europe et au-delà. Elle affirme avec force que la santé et le bien-être doivent être considérés comme des investissements essentiels pour des sociétés durables, justes et résilientes, et non comme de simples coûts à maîtriser.

La déclaration s’inscrit dans un contexte marqué par la persistance des inégalités sociales de santé, les crises environnementales, la fragilisation des systèmes de santé et la montée de la désinformation. Elle propose un cadre commun pour repenser les politiques publiques de santé à partir d’une vision systémique, intégrant les dimensions sociales, environnementales, économiques et démocratiques.

Investir dans la santé comme levier de durabilité et de justice sociale

La déclaration invite à investir de manière ambitieuse et cohérente dans la santé publique, en agissant en amont sur les déterminants de la santé et en articulant les politiques sectorielles autour d’objectifs de bien-être collectif.

Elle met notamment en avant plusieurs orientations structurantes :

  • Ancrer la santé dans l’ensemble des politiques publiques, en généralisant l’approche Health in All Policies, afin que les décisions en matière d’éducation, d’aménagement, d’environnement, d’économie ou de protection sociale contribuent à la santé des populations.
  • Faire de l’équité un principe central de l’action publique, en réduisant les inégalités sociales, territoriales et environnementales de santé et en associant pleinement les populations concernées aux décisions qui les touchent.
  • Protéger la santé publique face à la désinformation, en renforçant la transparence, la communication fondée sur les données probantes, la littératie en santé et la confiance entre institutions, professionnels et citoyens.
  • Reconnaître l’interdépendance entre santé humaine, justice sociale et durabilité environnementale, en inscrivant les politiques de santé dans le respect des limites planétaires et des écosystèmes.
  • Dépasser une vision strictement économique du progrès en évaluant les politiques publiques à partir d’indicateurs de bien-être, de qualité de vie et de cohésion sociale, et non du seul produit intérieur brut.

À travers ces orientations, la Déclaration d’Helsinki promeut le cadre de l’économie du bien-être, qui vise à concilier santé, équité, soutenabilité environnementale et développement démocratique.

Une déclaration appelée à vivre dans les territoires et les communautés

La Déclaration d’Helsinki reste ouverte à l’adhésion des organisations européennes et a vocation à être déclinée dans les contextes nationaux et locaux.

L’Association Européenne de Santé Publique (EUPHA) a annoncé qu’elle s’appuiera sur cette déclaration tout au long de l’année 2026, notamment à l’occasion de la Semaine européenne de la santé publique (European Public Health Week, 4–9 mai 2026). Cette période sera l’occasion de traduire les principes de la déclaration en actions concrètes, au plus près des territoires et des communautés.

Déclaration conjointe – EPH Conference Helsinki 2025 (en anglais): https://ephconference.eu/2025-eph-conference-helsinki-statement-808

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