Développer le pouvoir d’agir des professionnels en créant des ressources avec eux

Les travaux de recherche comme l’analyse fine des pratiques ordinaires des professionnels ont permis de mettre en évidence les leviers et obstacles à la promotion de la santé à l’école. Un grand nombre de recommandations ont été produites (voir par exemple celles de l’OMS, de l’Unesco ou du réseau des écoles pour la santé en Europe).

L’enjeu pour aujourd’hui n’est pas seulement que certaines écoles deviennent des « championnes de la santé » en remplissant tous les critères mais bien de s’assurer que toutes les écoles peuvent progresser.  Pour cela, il convient de les prendre là où elles sont. En effet, l’École avec un grand E n’existe pas, on observe une grande variété de situations différentes (liées au contexte culturel et social, aux ressources humaines, aux besoins des élèves …) qu’une démarche standard d’implantation peut conduire à négliger. La priorité est de permettre à toutes les écoles de développer des pratiques (accessibles et compatibles avec le contexte) qui contribuent de façon positive à la santé des enfants et des jeunes. C’est un enjeu majeur dès lors qu’il s’agit de réduire les inégalités et de permettre à tous les établissements scolaires, notamment ceux installés dans les espaces les plus vulnérables, d’exploiter tout leur potentiel en vue de la réussite de tous les élèves et de l’action sur les différents déterminants de la santé. Les trois objectifs d’une école inclusive, équitable et en santé sont indissociables.

La démarche qui consiste à inviter les équipes éducatives à appliquer les « bons outils » c’est-à-dire des outils conçus par des chercheurs ayant fait la preuve de leur efficacité dans des expérimentations randomisées a montré ses limites. Les bilans d’un grand nombre de réformes ou d’innovations pédagogiques, y compris celles qui étaient fondées sur une approche « evidence-based », sont décevants. Une fois mises en place et évaluées en contexte ordinaire, ces méthodes ne produisent pas les effets positifs attendus (voir réf. dans Bryk, 2017).

Une autre approche consiste à créer les conditions d’une valorisation, d’une mutualisation et d’un enrichissement des pratiques en matière de promotion de la santé des enfants. Il s’agit de contribuer à accroître le pouvoir d’agir des enseignants en élaborant avec eux de nouvelles ressources et en organisant un dispositif de formation et d’accompagnement. Le modèle est celui de la conception continuée dans l’usage (« Design-based research ») tel que formalisé par Sylvie Cèbe et Roland Goigoux (2018). Il s’agit donc de travailler avec les équipes enseignantes et les autres acteurs de l’éducation, dans la diversité des contextes scolaires, à créer des ressources adaptées et répondant à des besoins.

Cette approche est portée par la Chaire UNESCO « EducationS & Santé » et le laboratoire ACTé, elle a été choisie en Nouvelle-Calédonie pour le développement de l’éducation à la santé de tous les élèves. Une note de présentation du dispositif « Réussir, être bien, être ensemble » peut être consultée.